Un portrait qui change peu avec les années
Des taux horaires qui semblent stagner
Ce mini sondage regroupe des réponses recueillies en 2023, 2024 et 2026. L’échantillon demeure limité et ne représente pas scientifiquement l’ensemble de l’industrie. Il permet néanmoins d’observer une tendance intéressante.
Malgré les années qui passent, les taux horaires déclarés évoluent très peu.
Un taux médian qui demeure autour de 45 $ l’heure
Pour l’ensemble des répondants, le taux horaire médian se situe autour de 43 $ à 45 $ l’heure.
- 21 % demandent 30 $ ou moins;
- 36 % demandent 40 $ ou moins;
- 57 % demandent 45 $ ou moins;
- 71 % demandent 50 $ ou moins;
-
Seulement 18 % demandent plus de 55 $ l’heure.
La tranche la plus fréquemment mentionnée est celle de 41 $ à 45 $ l’heure.
Peu de changement entre 2023 et 2026
Ayant eu à coacher des designers pigistes, je constate le manque de structure et de savoir autour de l’offre. Il semble être du domaine de l’inconnu que leur offre c’est d’être en affaires. Et être en affaires c’est être capable de rentabiliser et vivre de leur travail avant tout.
En 2023
- Le taux médian se situait autour de 43 $ l’heure;
-
67 % des répondantes demandaient 50 $ ou moins.
En 2024
- Le taux médian se situait autour de 48 $ l’heure;
-
80 % des répondantes demandaient 50 $ ou moins.
En 2026
- Le taux médian se situe autour de 45 $ à 46 $ l’heure;
-
75 % des répondantes demandent 50 $ ou moins.
Même si le nombre de réponses varie d’une année à l’autre, le portrait demeure sensiblement le même : la majorité des designers pigistes se situent toujours à 50 $ l’heure ou moins.
L’expérience influence les taux, mais l’écart demeure limité
Les répondants comptant de 1 à 3 ans d’expérience demandent généralement moins que ceux qui exercent depuis plusieurs années.
L’expérience semble donc exercer une influence, mais elle ne provoque pas nécessairement une hausse importante du taux horaire.
Une capacité à vivre de ses revenus est toujours difficile
En 2026, une nouvelle question a été ajoutée au sondage :
Pouvez-vous vivre de vos revenus comme designer pigiste?
Parmi les 8 répondantes :
- 62,5 % ont répondu : Ça pourrait être mieux ;
- 25 % ont répondu : Pas du tout ;
- 12,5 % ont répondu : Difficilement .
Aucun répondant n’a déclaré vivre confortablement de ses revenus comme designer pigiste.
Ce résultat repose sur un petit nombre de réponses, mais il ajoute un élément important au portrait : les taux horaires déclarés ne semblent pas avoir entraîné une amélioration évidente de la situation financière des pigistes.
Un choix professionnel pour plusieurs
Toujours parmi les répondants de 2026, plusieurs ont indiqué travailler comme pigistes par choix.
Certains apprécient ce mode de travail. D’autres le privilégient pour faciliter leur vie familiale, tandis qu’un répondant travaille à la pige en attendant un emploi à temps plein dans une agence.
La pige représente donc des réalités différentes, mais elle demeure un mode de travail bien présent dans l’industrie du design intérieur.
Un constat qui se répète
- Entre 2023 et 2026, les réponses changent peu.
- Les taux médians demeurent autour de 45 $ l’heure.
- La majorité des répondants demandent toujours 50 $ l’heure ou moins.
Et parmi les répondants de 2026, aucun ne considère vivre confortablement de ses revenus de pigiste.
Ce mini sondage ne permet pas de tirer des conclusions pour toute l’industrie. Il met toutefois en lumière un constat difficile à ignorer :
Les années passent, mais la réalité financière déclarée par les designers pigistes semble demeurer sensiblement la même.
Conclusion
À la lumière de ce mini sondage non scientifique, une question demeure : est-ce que les designers pigistes et les designers qui les embauchent comprennent réellement les enjeux qui les unissent?
D’un côté comme de l’autre, la communication semble parfois faire défaut. Le manque d’encadrement, de planification et d’organisation peut créer des attentes évasives, des frustrations et une relation professionnelle moins harmonieuse.
Il ne faut pas oublier que chaque partie a ses réalités. La designer pigiste a le droit d’être rémunérée justement pour son travail, son temps, ses outils, ses frais et son expertise. De son côté, la designer ou l’entreprise qui l’embauche est aussi en droit de s’attendre à un travail rigoureux, fiable et professionnel.
C’est probablement là que se trouve une partie importante de l’enjeu.
Le travail à la pige ne devrait pas être perçu uniquement comme une façon de combler un besoin rapidement, ni comme une solution improvisée pour entrer dans le marché dès la sortie des études. Trop souvent, de jeunes designers offrent leurs services à la pige sans avoir encore toute l’expérience, la structure ou l’encadrement nécessaires pour répondre aux attentes du marché.
Ce constat ne vise pas à blâmer une partie plus que l’autre. Il invite plutôt à une réflexion plus large sur la façon dont la pige est comprise, utilisée, encadrée et valorisée dans l’industrie du design intérieur.
Si les taux horaires changent peu avec les années, il faut peut-être aussi se demander si les pratiques, les attentes et la communication entre les parties ont réellement évolué.
Pour une meilleure harmonie, il semble nécessaire de mieux définir les rôles, les responsabilités et les attentes dès le départ. Parce qu’au fond, une relation professionnelle saine entre une designer pigiste et la personne qui l’embauche repose sur la clarté, le respect mutuel et la reconnaissance de la valeur du travail accompli.